L’art de Couperin (II): se déguiser

L’art de Couperin (II): se déguiser

1726, Paris. François Couperin publie un recueil de sonates en trio baptisé Les Nations. Dans la préface, il raconte comment il a dû se « déguiser » en compositeur italien, pour assumer l’imitation du style d’Arcangelo Corelli:

La première sonate de ce recueil fut aussi la première que je composai, et qui ait été composée en France. L’histoire même en est singulière. Charmé de celles du signor Corelli, dont j’aimerai les oeuvres tant que je vivrai […], je hasardai d’en composer une, que je fis exécuter dans le concert où j’avais entendu celles de Corelli.

Connaissant l’âpreté des Français pour les nouveautés étrangères sur toutes choses, et me défiant de moi-même, je me rendis, par un petit mensonge officieux, un très bon service. Je feignis qu’un parent que j’ai, effectivement, auprès du Roi de Sardaigne m’avait envoyé une sonate d’un nouvel auteur italien: je rangeai les lettres de mon nom de façon que cela formât un nom italien, que je mis à la place. La sonate fut dévorée avec empressement, et j’en tairai l’apologie. Cela cependant m’encouragea. J’en fis d’autres; et mon nom italianisé m’attira, sous le masque, de grands applaudissements.

Pour en savoir plus sur la sonate en trio, nous vous redirigeons vers cet article précédent.

A présent, musique ! Avec la fameuse sonate (peut s’écrire sonade à l’époque) déguisée de Couperin:

François Couperin – Les Nations, Premier Ordre, La Française, I.Sonade (1726) – Les Talens Lyriques, Christophe Rousset

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