L’art de Couperin (I): céder aux plagiaires

L’art de Couperin (I): céder aux plagiaires

A une époque où il est courant de copier, plagier, piller, tordre, rogner dans l’oeuvre des confrères, François Couperin (1668-1733) adopte une stratégie étonnante.

Conscient que ses Livres de pièces de clavecin ont fait l’objet de plagiat, il manie l’ironie dans sa préface au Troisième livre:

Je n’aurais jamais pensé que mes pièces dussent s’attirer l’immortalité, mais depuis que quelques poètes fameux m’ont fait l’honneur de les parodier, ce choix de préférence pourrait bien, dans les temps à venir, leur faire partager une réputation qu’elles ne devront originairement qu’aux charmantes parodies qu’elles auront inspirées. Aussi marquai-je d’avance à mes associés bénévoles, dans ce nouveau livre, toute la reconnaissance que m’inspire une société aussi flatteuse, en leur fournissant, dans ce 3e ouvrage un vaste champ pour exercer leur Minerve.

Hilarant, n’est-ce pas ?

Nous écoutons maintenant quelques pièces qui ont pu inspirer ces « associés bénévoles »

François Couperin – Livre de clavecin, Premier Ordre, Menuet et double (1713) – Violaine Cochard
François Couperin – Livre de clavecin, 7e Ordre, La Ménetou (1716) – Blandine Rannou
François Couperin – Livre de clavecin, 5e Ordre, Seconde courante (1713) – Frederik Haas

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