L’art de Couperin (III): la minutie

L’art de Couperin (III): la minutie

De la personnalité de Couperin, nous ne savons que peu de choses. ”Son caractère ? Aucun contemporain ne l’a décrit; ni lettres ni manuscrits ne nous sont parvenus; nous sommes réduits à scruter le peu que nous savons de sa vie, de ses préfaces, de son Art de toucher le clavecin, pour en tirer des conclusions incertaines.” se désole son biographe Pierre Citron.

Il y a néanmoins un trait dont nous sommes sûrs:

ce soin d’artisan qu’il apporte à ce qu’il fait, cet amour de la précision, de la nuance exacte, qui se marque partout: registration des pièce d’orgues, gravure et impression des oeuvres, exécution des ornements au clavecin, enseignement consciencieux.

Rien n’est détail pour qui cherche la perfection; le génie travailleur est maniaque. Tout doit être bien fait, même au prix de quelque argent. Couperin préférait payer lui-même le salaire de son souffleur d’orgue à Saint-Gervais, et pouvoir choisir un auxiliaire sûr.

Cette conscience l’empêche de travailler vite […] Sans doute laissait-it longuement mûrir ses idées avant de leur donner forme concrète. Peut-être souffrait-il de cette lenteur comme d’une infériorité: lorsque, enfin, il y échappe – en composant l’Apothéose de Lulli presque sitôt conçue -, il pousse dans sa préface un cri de triomphe.

La minutie en musique, ça donne:

François Couperin – Motet à une voix, Laboravi clamans (1705) – Les Ombres, Benoit Arnould
François Couperin – Pièces d’orgue, Messe pour les couvents, IId. Gloria basse de trompette (1690) – James Johnstone
François Couperin – Pièces pour viole avec la basse chiffrée, Première suite: Courante (1728) – Marouan Mankar-Bennis, Claire Gautrot

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