Les Virginalistes

Les Virginalistes

Dans un précédent article, nous avancions qu’au XVIe siècle, la majorité de la musique écrite était vocale. Pour autant, se lève à la même époque l’aurore des musiques purement instrumentales ! John Bull, William Byrd, Peter Philips, Giles Farnaby, Orlando Gibbons, tous font partie des compositeurs dits “virginalistes”, puisqu’ils sont parmi les premiers, entre 1560 et 1620, à composer pour le virginal, instrument à clavier, à cordes pincées, sorte de petit clavecin portatif (voir image).

Evidemment, “en ses débuts, la musique pour virginal consiste principalement en arrangements et transcriptions de pièces vocales”, selon les mots du musicologue Marc Vignal.

Voilà encore ce qu’en dit Charles van den Borren, musicologue lui aussi, dans la revue Le Mercure Musical de novembre 1912:

Danses, fantaisies, motets, préludes, airs variés ou amplifiés, plain-chant liturgique, défilés et mascarades, inventions contrapontiques et pont-neufs, tout le répertoire de la Renaissance a passé par les dix doigts des virginalistes. […] Bien peu d’idées, parmi celles qui orientent ces pièces, appartiennent à l’auteur qui les a traitées. Les unes portent manifestement la marque de leur origine, les autres suivent la mode du temps, et sortent de n’importe où. Le mérite de l’artiste est dans l’effort accompli pour dégager le mouvement et la vie d’un thème qui vient se poser devant lui. On ne saurait même prétendre que le virginaliste se soucie beaucoup de faire sien le bien d’autrui, et de mettre à son œuvre un cachet nettement personnel. Il individualise rarement, il musicalise toujours. C’est bien son droit.

[…] La gloire des virginalistes, c’est d’avoir voulu, selon le mot d’un poète moderne, leur parent spirituel: de la musique avant toute chose. Oubliant les catégories, insoucieux de  polyphonie ou d’harmonie, des modes anciens ou modernes, des convenances instrumentales, et des possibilités d’exécution, ils se sont lancés à travers la musique, bravement, héroïquement, joyeusement

Derrière ces formules instrumentales abstraites donc, d’humbles travailleurs, magnifiant un patrimoine musical de tous horizons.

Ecoutons:

Giles Farnaby – The King’s Hunt – Pierre Hantaï
Giles Farnaby – Tell Mee Daphne – Pierre Hantaï
Peter Philips – Bon jour mon coer – Pieter-Jan Belder
John Bull – Queen Elisabeth’s Chromatic Galliard – Bob van Asperen
William Byrd – Galliard en la mineur – Aapo Häkkinen

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