Anxiogène

Anxiogène

Il m’arrive parfois de goûter le plaisir d’une conversation autour de la musique. Les collègues, l’épouse, les nouvelles têtes, les amis, les élèves, mélomanes, néophytes, experts, poujadistes, curieux… Et quand, par une fantasmagorique conjonction des mondes, nous en arrivons à mentionner l’existence des musiques écrites dites « contemporaines » (comprenez tout ce qui va après 1950), le même adjectif couperet finit toujours par tomber: anxiogène.

«Anxiogène», «inquiétante», «qui fait peur», «inaudible», «louche», «angoissante», implacables qualificatifs que nous ne pouvons nous empêcher de lancer pour décrire cette musique. Pourquoi toujours ce champ lexical ? Etait-ce l’intention univoque de Ferneyhough, Dufourt, Parra, Lutoslawski de nous emmener sur ce chemin ?

Inutile ici de s’embarquer (quoique) sur des sujets aussi intéressants qu’interminables tels que: la place de l’artiste dans la société, l’évolution de la perception de la dissonance, le sectarisme culturel.

Je vous propose plutôt de prendre le temps d’écouter les pièces choisies, puis de commenter. Etait-ce inaudible ? Selon quels critères ? Un effet particulier sur votre humeur ?

Hector Parra – …limites les rêves au-delà, Part 1. L’astre qui fut lumière (2017) – Arne Deforce, Thomas Goepfer
Brian Ferneyhough – String Quartet No.3, I. (1987) – Arditti Quartet
Witold Lutoslawski – Symphony No.3, VII. A tempo (1983) – BBC Symphony Orchestra, Edward Gardner
Hugues Dufourt – Burning Bright, X. Lointains 1 (2014)- Percussions de Strasbourg

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