Groupe des Six (III) – Auric ne passe pas inaperçu

Groupe des Six (III) – Auric ne passe pas inaperçu

Héraultais de naissance, le jeune Georges Auric (1899-1983) est repéré pour ses talents de compositeurs, à 14 ans déjà (!). En une discussion, décision est prise qu’il tentera l’aventure parisienne. Chose rare, ses deux parents quittent tout pour l’accompagner.

Dès son entrée au Conservatoire de Paris, il ne passe pas inaperçu.

Darius Milhaud, admiratif:

« Je le rencontrais parfois dans les couloirs du Conservatoire, il m’émerveillait pas sa vaste culture et son intelligence aigüe, ses facilités extraordinaires. Lorsqu’il venait me voir, il sortait de sa serviette des manuscrits où sa précocité et sa fraîcheur se mêlaient à une maturité volontaire déjà sérieusement contrôlée, sans que cela pût gêner l’épanouissement d’une musicalité à la fois nonchalante et narquoise. »

Auric raconte lui-même comment les Aubert, Koechlin, Ingelbrecht de la Société musicale indépendante (SMI) lui font bon accueil. C’est les yeux incrédules, qu’il voit ”Maurice Ravel qui, debout devant le piano et le pianiste, se donnait la peine de tourner les pages de mon manuscrit ! ”.

Mieux encore, il rencontre ensuite Albert Roussel, et ce dernier pousse pour faire entendre les mélodies du jeune prodige à la Schola Cantorum (le clan d’Indy, Magnard, Vierne, Guilmant), institution étiquetée conservatrice, rivale de la SMI. Le langage d’Auric aurait, du reste, ”heurté quelques uns des vieux camarades [de Roussel]

George Auric réussit donc l’exploit de se faire connaître immédiatement auprès des deux grandes institutions parisiennes de l’époque, le clan Ravel et le clan d’Indy, et ce, alors qu’il n’est pas le plus diplomate de tous.

Si ma musique n’intéresse personne – personne ne m’intéresse.

Le dernier mot de notre portrait va au musicologue Claude Rostand:

Il a de la pudeur et de l’objectivité autant comme homme que comme artiste. Mais il est certainement plus passionné qu’il n’accepte de le montrer. Dans ses compositions, une retenue de façade laisse cependant sourdre bien des élans réprimés.

De la musique pour rendre compte:

Georges Auric – 3 poèmes de Max Jacob, II.Pour demain soir – Holger Falk, Steffen Schleiermacher
Georges Auric – Cinq poèmes de Gérard de Nerval, IV.Avril – Holger Falk, Steffen Schleiermacher

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *