1903, Déodat de Séverac (1872-1921) compose Le ciel est, par-dessus le toit pour voix et piano sur un poème de Verlaine.
Une grande levée, puis, pour introduire le texte, un atterrissage sur un accord de La bémol mineur qui se dément. Plus loin, on navigue sur un tuilage de dominante de dominante (sic).
Puis, une pédale de Mi bémol sur arpèges roulants appelle une résolution dans la tonalité initiale (La bémol mineur). Elle arrive, en effet, mais rapidement glisse vers un court interlude en gamme par tons imitant le chant de l’oiseau, à moins que votre oreille n’ait été distraite par cette cloche stylisée par les Si bémol frappés avec régularité.
Dans la troisième strophe, les accords longs installent un calme irrésolu, Séverac joue avec nos sentiments..
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille
Enfin, la quatrième reprend le matériau de la première strophe, se positionnant ainsi comme la résolution de toutes ces incertitudes. Mais quelle résolution ! Le texte renvoie plutôt un amer reproche « qu’as-tu fait de ta jeunesse ? »
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

