Chopin nostalgique

Chopin nostalgique

Forcé de quitter sa Pologne natale secouée par la guerre, Frédéric Chopin (1810-1849) migre en France à l’âge de 20 ans et ne cessera dès lors d’idéaliser et de soupirer après cette terre lointaine.

Cette soif s’exprime jusque dans le souvenir vivace des sentiments ressentis là-bas.

Jean-Jacques Eigeldinger écrit: « Un trait marquant de la personnalité de Chopin est la fidélité absolue aux impressions de son adolescence et au temps de sa jeunesse. L’attachement à la terre natale, au cercle familial et amical, à ses maîtres et condisciples n’a fait que s’intensifier passé 1830 chez cet être qui incarne la figure de l’Exilé – bien au-delà des frontières. De là une qualité particulière de nostalgie dans le regard rétrospetif qu’il porte sur toutes choses (Chopin n’a rien d’un futuriste dans son attitude).

Son ami Franz Liszt confie: “Chopin était si si intimement et si uniquement pénétré des sentiments dont il croyait avoir connu dans sa jeunesse les types les plus adorables, de ces sentiments que seuls il lui plaisait de confier à l’art; il envisageait celui-ci si invariablement d’un unique et même point de vue, que ses prédilections d’artistes ne pouvaient manquer de s’en ressentir. Dans les grands modèles et les chefs d’oeuvre de l’art, il recherchait uniquement ce qui correspondait à sa nature.

Frédéric Chopin – Impromptu op.36 (1839) – Claudio Arrau
Frédéric Chopin – Mazurka op.41 No.3 (1846) – Mirian Conti

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