La patience de Mendelssohn en répétition

La patience de Mendelssohn en répétition

Leipzig, 1843. Felix Mendelssohn apprenant la venue imminente d’Hector Berlioz, lui propose de faire jouer une oeuvre de sa main à un concert au bénéfice des pauvres de la ville.

Berlioz raconte à son ami compositeur Stephen Heller: “Mendelssohn, lorsqu’il s’est agi […] d’organiser mon concert, s’est en effet comporté en frère à mon égard.”

Le même Mendelssohn dirigera l’orchestre.. et s’attellera à des tâches imprévues.

“Cette soirée étant organisée par la Société des concerts tout entière, j’avais à ma disposition la riche et puissante Académie de chant dont je vous ai fait fait déjà un éloge si mérité. Je n’eus de garde, vous le pensez bien, de ne pas profiter de cette belle masse vocale, et j’offris aux directeurs de la société le finale à trois choeurs de Roméo et Juliette, dont la traduction allemande avait été faite à Paris par le savant professeur Duesberg. 

Il y avait à mettre seulement cette traduction en rapport avec les notes des parties de chant. Ce fut un long et pénible travail; encore, la prosodie allemande n’ayant pas été bien observée par les copistes dans leur distribution de syllabes longues et brèves, il en résulta pour les chanteurs des difficultés telles que Mendelssohn fut obligé de perdre son temps à la révision du texte et à la correction de ce que ces fautes présentaient de plus choquant. 

Il eut, en outre, à exercer le choeur pendant près de huit jours. […] le choeur d’hommes surtout laissait beaucoup à désirer. 

Je souffrais de voir un grand maître et un grand virtuose tel que Mendelssohn, chargé de cette tâche subalterne de maître de chant, qu’il remplit, il faut le dire, avec une patience inaltérable. Chacune de ses observations est faite avec douceur et une politesse parfaite, dont on lui aurait plus de gré, si on pouvait savoir combien, en pareil cas, ces qualités sont rares.”

Bonté et humilité de Mendelssohn pour faire briller la musique de Berlioz, que nous vous proposons maintenant d’écouter.

Hector Berlioz – Roméo et Juliette op.17; part 7, Mais notre sang rougit leur glaive.. (1839) – John Eliot Gardiner, Orchestre Révolutionnaire et Romantique, Monteverdi Choir, Gilles Cachemaille

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