1884. Sur des poèmes d’Armand Sylvestre, Gabriel Fauré (1845-1924) compose un cycle de 4 mélodies pour voix et piano dont fait partie Aurore.
Des jardins de la nuit s’envolent les étoiles,
Abeilles d’or qu’attire un invisible miel,
Et l’aube, au loin tendant la candeur de ses toiles,
Trame de fils d’argent le manteau bleu du ciel.
Du jardin de mon cœur qu’un rêve lent enivre
S’envolent mes désirs sur les pas du matin,
Comme un essaim léger qu’à l’horizon de cuivre,
Appelle un chant plaintif, éternel et lointain.
Ils volent à tes pieds, astres chassés des nues,
Exilés du ciel d’or où fleurit ta beauté
Et, cherchant jusqu’à toi des routes inconnues,
Mêlent au jour naissant leur mourante clarté.
Trois strophes au fil desquelles se dessine lentement le lever du jour. D’abord simple contour de la voix, le piano se fait dans un deuxième temps onde filiforme et harmoniquement instable, pour finalement inonder la place d’accords brisés réguliers.
Comment comprendre cette deuxième strophe où apparait curieusement l’auteur ?
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